Les photos floues, c’est un problème que beaucoup de personnes rencontrent quand ils commencent à apprendre la photo. Pour des images nettes, il faut, en premier lieu, identifier le problème pour ensuite appliquer la bonne solution. Les différentes sources d’images floues ou peu nettes sont :
Le flou de bougé
Définition
C’est le flou provoqué par le mouvement/tremblement du photographe, lors de la prise de vue :
f/16 – 0,5 seconde – ISO 400
Comment l’identifier
C’est simple, l’ensemble de l’image est flou, avec un effet de « traînée » et/ou dédoublement des objets (voir l’exemple). Comment régler le problème ?
Solutions
Bien tenir son appareil
Le flou de bougé vient du fait que vous tremblez, donc vous devez réduire ces vibrations. La première solution est de bien tenir son appareil. Je ne m’étendrai pas sur le sujet car j’ai fait un article complet sur le sujet que vous pouvez consulter en cliquant ici.
Utiliser un trépied
C’est l’arme absolue quand il s’agit de régler le flou de bougé. Mettre son boîtier numérique sur un bon trépied, c’est l’assurance d’éliminer toutes vibrations. C’est vrai que cette solution n’est pas toujours pratique, (à cause de l’encombrement) et nécessite un achat supplémentaire. Mais, je pense sincèrement que le trépied est l’accessoire indispensable pour tout photographe qui se respecte. En effet, sans cet outil, vous vous privez de tout une partie des vitesses que vous propose votre appareil photo :
Augmenter la vitesse (pour respecter la règle du 1 pour 1)
Une des solutions est d’utiliser une vitesse plus élevée. Comment déterminer la vitesse LIMITE en dessous de laquelle vous avez de fortes chances d’avoir du flou de bougé. Et bien les photographes pros ont un petit truc pour déterminer cette vitesse. C’est ce qui s’appelle, la règle du «1 pour 1». C’est une règle empirique et donc elle n’est pas valable dans 100% des cas, mais cela vous donnera une bonne base de départ.
Lorsque vous photographiez à main levée, ce principe dit qu’il ne faut pas utiliser une vitesse en dessous du nombre de sa focale… difficile à comprendre, alors prenons un exemple concret.
Si vous utilisez un 50 mm sur votre boîtier, pour éviter d’avoir du flou de bougé il faut éviter de descendre en dessous de 1/50ème de seconde. Si vous utilisez un 200mm, il ne faut pas descendre en dessous de 1/200 de seconde. Si vous avez un zoom et que vous le réglez sur 35mm, il ne faut pas descendre en dessous d’1/30 de seconde. Sinon, vous risquez fortement d’avoir du flou de bougé.
ATTENTION : Si vous utilisez un boîtier APSC, appelé aussi « petit format », il faut multiplier la focale par 1,5. Autrement dit, ce n’est plus la règle du 1 pour 1 mais du 1 pour 1,5.
Si j’utilise un 50mm sur un appareil APSC, je dois éviter d’utiliser une vitesse inférieure à 1/75ème de seconde (50mm x 1,5 = 75). Sinon je risque d’avoir du flou de bougé.
Tout cela est un peu technique au départ, mais vous verrez, on s’y fait vite.
Utilisez la stabilisation de votre objectif et ou boîtier (si disponible)
Certains objectifs et boîtiers ont une fonction de stabilisation de l’image pour éviter le flou de bougé.
Pour les « objo », si je veux savoir s’il est muni de ce système, c’est simple. Il y a une mention qui dépend de la marque. Par exemple, sur les objectifs Nikon, il y a marqué « VR » pour « Vibration Reduction ». Sur les cailloux Canon, c’est les lettres « IS » pour « Image Stabilizer ».
Ces systèmes vous aident non seulement à éviter le flou de bougé mais vous permettent aussi de passer sous la barre de la règle du « 1 pour 1 » expliquée plus haut. Par exemple, il est parfaitement possible de prendre une image nette avec un objectif 200mm muni de la stabilisation… au 1/50ème 🙂
Pour les boîtiers hybrides, ils en existent qui sont équipés d’une stabilisation du capteur 5 axes. Pour savoir si votre boîtier en est doté, il faut se reporter aux caractéristiques techniques. Au niveau des performances, le gain est similaire à la stabilisation optique.
Pour aller encore plus loin, les systèmes les plus récents peuvent cumuler la stabilisation objectif + stabilisation capteur. Pour donner une idée, une telle combinaison permet d’éviter le flou de bougé sur une photo prise au 200mm en utilisant une vitesse de 1/2 seconde. C’est HALLUCIANT.
Le flou de mouvement
Définition
C’est le flou généré par le mouvement de votre sujet :
f/8 – 0,3 seconde – ISO 200
Comment l’identifier
Seul votre sujet en mouvement est flou, avec un effet de « traînée » (voir l’exemple).
Solution
Augmenter la vitesse
La cause du problème, c’est que vous utilisez une vitesse trop lente pour figer le mouvement de votre sujet. La question est : quelle est la vitesse minimum pour figer ce mouvement ? Et bien la réponse est : ça dépend :-).
Il faut adapter la vitesse de son boîtier en fonction de la vitesse du sujet et pas forcément en fonction du type de sujet. Je m’explique. Prenons un exemple qui va parler aux hommes : la Formule 1 au Grand Prix de Monaco. Imaginons que vous soyez photographe sportif et que vous décidiez de prendre les bolides dans l’épingle (l’endroit le plus lent du circuit). À ce moment-là, les F1 passent à 40km/h. Une vitesse de 1/500eme suffira largement à figer le mouvement de la voiture qui sera nette.
Mais si vous vous positionnez dans le tunnel, où les F1 sont à près de 300km/h, à ce moment-là, il faudra utiliser une vitesse beaucoup plus rapide (de l’ordre de 1/2000 ou plus) pour figer le mouvement de la voiture.
Il existe encore d’autres paramètres qui influent sur la netteté d’un sujet en mouvement comme sa proximité et le sens de son déplacement par rapport au photographe mais la solution reste toujours la même : il faut augmenter la vitesse d’obturation.
Le flou de Mise au Point (MaP)
Définition
C’est le flou provoqué par le défaut de MaP, c’est-à-dire que vous ne faites pas la mise au point au bon endroit.
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Comment l’identifier
L’ensemble de l’image est flou (voir l’exemple), ou alors une partie de l’image est nette, mais pas là où VOUS voulez. Pour y remédier il faut…
Solutions
Choisir qu’un seul collimateur
Par défaut, en mode auto, votre appareil est réglé pour choisir automatiquement le collimateur qui va faire la mise au point. Comment votre boîtier appareil procède ? Simple : l’ordinateur de bord de votre appareil va analyser l’image que vous avez dans votre viseur et va faire la MaP AUTOMATIQUEMENT sur le collimateur qui aura détecté le sujet le plus proche.
Or, il arrive souvent que le sujet sur lequel VOUS voulez faire la MaP ne soit pas proche de vous. Et là catastrophe, votre reflex ne va pas faire la MaP correctement et vous aurez donc un flou de MaP.
Pour y remédier, un conseil : choisissez d’activer qu’un seul collimateur, celui sur lequel se trouve votre sujet. La MaP sera beaucoup plus précise. Dans l’exemple ci-dessous, j’ai choisi le collimateur en haut à gauche car je voulais faire la MaP sur l’œil de mon sujet.
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Pour savoir changer de collimateur sur votre boîtier, je vous renvoie à la notice de votre appareil rubrique AUTOFOCUS -> COLLIMATEUR
Choisir le bon mode autofocus
Comment déterminer quel mode il vous faut. C’est très simple, en répondant à cette question toute bête : Est-ce que mon sujet bouge beaucoup ou non ?
Si mon sujet ne bouge pas beaucoup alors c’est le mode AF-S (Nikon, Sony, Fuji) ou One Shot (Canon) qu’il vous faut. Dans ce mode, la MaP est verrouillée tant que vous maintenez la demi-pression sur votre déclencheur ou le pouce sur le bouton AF-ON (cela dépend de votre config). C’est le mode le plus précis dans ce cas de figure.
Mais si mon sujet bouge beaucoup d’avant en arrière, alors il faut utiliser le mode AF-C (Nikon, Sony, Fuji) ou AI SERVO (Canon).
Dans ce mode, la MaP est faite en temps réel, tant que vous maintenez la demi-pression sur votre déclencheur (ou le pouce sur le bouton AF-ON). Elle n’est jamais verrouillée puisqu’elle s’ajuste en permanence selon les mouvements de votre sujet. Difficile à comprendre avec des mots ? J’explique tout en vous montrant dans ce cours photo complet.
Hybride : bien configurer son système autofocus
Au niveau de la MaP, les hybrides constituent une véritable révolution en termes de performance. Avec cette dernière génération d’appareil est apparue une fonctionnalité qui a « changé le game » : le suivi du sujet.
Sur le papier, vous appuyez sur le bouton, un collimateur accroche le sujet et ne le lâche plus tant que vous le maintenez dans le cadre. En pratique, c’est un peu plus compliqué. En effet, les paramètres « usines » de l’autofocus sont parfois… déconcertants… pour ne pas dire nuls à chier. L’appareil ne fait pas le point sur le bon sujet, le suivi décroche, etc.
Donc en théorie, un système hybride révolutionne les performances de l’autofocus. Mais en vérité, il faut d’abord bien le configurer, avec les bons paramètres, pour qu’il vous obéisse au doigt et à l’œil.
Quels sont les bons réglages ? Pour un sujet aussi « touffu », je vous renvoie au cours complet en vidéo, car ce serait vraiment trop long de le faire sous forme d’article.
Le manque de piqué
Parfois, vous faites la MaP correctement, vous n’avez pas de flou de bougé ni de mouvement, et pourtant votre image mange cruellement de détails qui fourmillent de partout. On dit alors que l’image manque de piqué.
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Comment l’identifier
Votre photo vous paraît « molle », sans détail croustillant. Pour récupérer du piqué il faut…
Solutions
Fermer votre diaphragme
Comme vous pouvez le remarquer sur l’image du dessus (surtout si vous avez pris la peine de l’agrandir 🙂 ), la photo de gauche est à la limite du flou. Pourtant, j’ai bien fait la mise au point, et j’étais sur trépied. C’est dû à la valeur d’ouverture que j’ai utilisée : f/1.2.
En effet, tous les objectifs, quelque que soit la marque ou le prix, « piquent moins » à pleine ouverture. Conséquence, si vous voulez le plus de détails possibles, il faudra fermer le diaphragme vers des valeurs proches de f/8 – f/11. Pour être un peu plus précis, votre optique donne le meilleur d’elle-même lorsque vous fermez de 2 ou 3 diaphragmes à partir de votre ouverture maximum. Par exemple, si votre objectif ouvre à f/2.8, la meilleure performance en termes de piqué sera atteinte vers f/5.6.
De plus, « fermer » permet d’augmenter sa profondeur de champs, ce qui favorise la netteté de l’image.
Changer d’objectif
Le piqué est aussi une affaire de qualité de l’objectif. D’une manière générale, plus une optique coûte cher, plus elle « pique ». ATTENTION : ce principe ne se vérifie pas tout le temps. Donc avant d’acheter, prenez soin de consulter la multitude de tests qui traînent sur le net (comme sur DxO Mark par exemple) pour s’assurer que votre prochain objectif pique.
Un autre principe de base est que les objectifs DEDIÉS à la macro piquent bien 🙂
Une valeur ISO trop élevée
Définition
Lorsque vous utilisez une valeur ISO élevée (1600 et plus), alors il apparaît alors du « grain » sur votre image, ce qui nuit à la netteté de votre image
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Comment l’identifier
Ici, c’est assez évident 🙂 Il y a plein de grains et de petits points de couleurs partout… c’est ce qu’on appelle du bruit numérique. Et pour régler ce problème à la prise de vue, une seule solution…
Solution
Utiliser une valeur ISO moins élevée
Quelle est la valeur maximale que vous pouvez utiliser avec votre appareil, sans ruiner les détails de votre image ? La réponse est encore une fois : ça dépend de votre boîtier. Le principe général est que plus vous montez en gamme et plus le reflex a la capacité de bien gérer le bruit numérique à haute sensibilité. Voici un petit schéma pour vous aider à y voir plus clair. ATTENTION : ce n’est pas précis à 100 %, c’est juste pour vous donner une idée de départ :
Certains seront tentés de dire que l’on peut toujours utiliser la retouche pour « rattraper » ce problème de grain. La vérité est que même si on l’atténue en post-prod, cela se fait au détriment des détails de votre image. En effet, tous les procédés d’élimination du bruit numérique ont tendance à lisser votre photo et donc vous perdrez en précision. Voici un exemple où j’ai repris la même comparaison que ci-dessus, sauf que cette fois-ci, j’ai « corrigé » le problème du grain… voyez par vous-même à quel point vous perdez des détails (regardez la texture en tissu du livre) :
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J’espère que toutes ces connaissances vous aideront à optimiser la netteté de vos images 🙂 Si cela vous a plu, vous serez certainement intéressé par notre cours le plus populaire qui a conquis plus de 10 000 élèves. Il a été peaufiné pendant près de 10 ans. Regardez le teaser en cliquant sur l’image, ça vaut le coup d’œil :