Devenir photographe pro : Rachel, le business model et les prix !

Dans cet article

J’ai lancé un projet : aider un amateur à devenir photographe pro. Chaque semaine, je discute avec Reego et Rachel de ce qu’il faut faire pour se lancer. Aujourd’hui Rachel nous raconte la difficulté de fixer le prix de ses prestations au début de sa carrière de photographe pro.

Cet article n’a rien de didactique, il s’agit simplement de mon retour d’expérience à propos de ma « politique » de prix. C’est un sujet très sensible chez moi, car il y a le côté purement comptable, mais aussi une (grosse part) de psychologie. C’est l’un des tout premiers sujets que Xavier a abordé avec nous. C’est dire si c’est ESSENTIEL.
Nous avons parler très vite chiffre, en mai 2012, dès le départ du projet «Objectif-Photographe». Mais je voulais me lancer en 2013, j’ai donc consacré l’année dernière à la création/renforcement de mon book et à la fondation des bases de mon entreprise. Maintenant, il est (plus que) temps de se poser la question du « pricing ».

1. Le modèle économique

Dans le monde de la photographie de portrait, il existe principalement deux politiques :1 – Un tarif tout inclus : séance + fichiers numériques/tirages2 – Un tarif « à la carte » : Le client paie sa séance, puis il choisira dans un catalogue les produits qu’il souhaite (tirages, albums, fichiers numériques, cadres etc). On trouve aussi (plutôt aux US) un tarif « à la carte » et avec un minimum de commande obligatoire.C’est déjà un choix difficile et on constate que peu de Français utilisent la formule « à la carte ». Problème de mentalité ou de fournisseur, il faut bien avouer qu’en France nous avons beaucoup moins de choix en termes de produits photos professionnels. J’ai donc commencé par choisir la solution de « facilité » et à fournir uniquement les fichiers numériques. C’est « confort » car il y a peu de logistique, c’est le client qui se charge de développer ses images où il veut.
Mais aujourd’hui, alors que mon book commence à être correct, j’ai envie de changer parce que je souhaite faire évoluer ma stratégie vers plus de qualité. Pourquoi inciter mes clients à aller faire imprimer les photos n’importe où, alors que j’ai mis tant d’amour à les réaliser, tant de soin à les sublimer, tant d’efforts pour les satisfaire ? J’ai envie d’aller jusqu’au bout de la chaine de production pour m’assurer que les tirages ou les albums qu’ils recevront restent en adéquation avec le style de la séance, la qualité des produits, le respect de la colorimétrie…
Je n’y suis pas encore, je teste actuellement différents fournisseurs dans le but de trouver celui qui correspondra à ma « politique ». Mais je sais que ce « revirement » aura lieu progressivement cette année.

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2. Le prix

Une fois la politique établie, reste à poser le PRIX de la séance. Un véritable casse-tête !
Je ne suis pas comptable, donc je ne donnerai pas de grandes leçons, mais la base est là : pour établir son tarif, quel que soit le secteur d’activité, il faut prendre en compte :
– Le coût de revient du bien ou du service (Pas de vente, pas de coût de revient)
– Les charges et frais fixes liés à l’activité (Pas de vente, quand même charges et frais fixes)
–  Estimer le revenu que nous souhaitons gagner (idéalement)
–  Le temps de travail que nous pouvons / souhaitons réaliser
–  La concurrence
–  Le marché, la clientèle cible
– La valeur de son travail en fonction de l’expérience et des compétences
A partir de ces quelques chiffres, nous avons une évaluation assez clair du tarif « idéal ». Mais arrive la question : « mes photos sont-elles à la hauteur de ce montant ? ». Difficile d’être objectif, non ? Je parle de mon expérience donc pour moi, ce prix est directement lié à la qualité de mon travail, tout du moins de l’estime que j’ai pour mon travail, car ma politique n’inclus pas aujourd’hui de produits.

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3. L’afficher… ou pas ?

Pendant longtemps je ne l’ai pas affiché sur mon site, parce que je ne voulais manquer un contact qui trouverait mon prix trop élevé, pour pas le montrer aux autres photographes qui pourraient me trouver prétentieuse ou au contraire que je casse la marché, peut-être aussi parce que je n’en était pas sûre moi-même… bref, je me suis progressivement retrouvée avec beaucoup de demandes, et finalement peu de retour.
Alors, sur les conseils de Xavier, j’ai fini par afficher des prix. Résultat : j’ai gagné en efficacité.  Pour les prospect pour qui je suis « hors budget », ils ne me contactent pas. J’ai donc moins de mails à traiter. Ceux qui me font une demande sont donc a priori « ok » sur le tarif. J’ai donc moins de mails sans retour. C’est pour moi moins de frustration, et je peux vraiment soigner mes réponses à mes futurs clients.
Personnellement j’ai fait le choix d’afficher un tarif « à partir de », mais je vois beaucoup de collègues qui font le choix d’afficher des tarifs quasi exhaustif. C’est là encore une question de politique / stratégie.
Et vous ? Quelle est votre stratégie ?

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