Le plus grand défi avec la photo HDR est de générer une image aussi naturelle possible, sans tomber dans le piège du traitement exagéré qui risque d’insuffler un look « grungé » et surréaliste au produit fini. À l’aide d’étapes simples, nous verrons ensemble comment réaliser une photo HDR afin d’obtenir des images aux couleurs éclatantes et aux contrastes intéressants.
Dans cette première partie, nous aborderons la notion de photo HDR pour bien comprendre son processus et la technique à appliquer à la prise de vue. Dans la deuxième partie, nous visionnerons étape par étape les divers outils pour traiter l’image finale.
J’aimerais préciser que chaque photographe détient son approche personnelle, et que ma méthode n’est pas meilleure qu’une autre. Je vous partage mon expérience, en espérant vous donner un guide pour vous inviter à expérimenter la photo HDR.
Qu’est-ce que la photo HDR ?
HDR signifie High Dynamique Range, ou plage dynamique étendue. Cette technique permet de photographier une scène dont la valeur dynamique est trop large pour être capturée adéquatement en une prise de vue unique.
Note : La technologie a énormément évolué depuis l’apparition des premiers appareils photo numérique. Les derniers boîtiers mis sur le marché détiennent des caractéristiques qui permettent aisément de réussir en une seule mage, l’étendue dynamique dont nous parlons ici pour la photo HDR. Petit bémol, le prix, ils sont très coûteux.
HDR à même le boîtier : Certains modèles offrent la possibilité d’effectuer du HDR à même votre appareil photo. C’est une option intéressante, mais limitée. Dans une condition extrême, comme un lever de soleil, les résultats ne seront pas satisfaisants, l’écart entre les hautes lumières et les ombres est trop élevé. Faites des essais vous-même, ainsi vous apprendrez à bien maîtriser votre appareil photo.

HDR manuelle : À l’aide de masques de luminance, vous pouvez réaliser une photo qui reproduit les valeurs dynamiques étendues du procédé HDR. Plusieurs photographes professionnels de nature en font bon usage. Toutefois, la complexité du procédé demande beaucoup de temps et doit passer par l’utilisation d’un logiciel tel que Photoshop afin de fusionner manuellement les différents calques.
Quand doit-on réaliser une photo HDR?
Vous vous servirez de cette méthode sur des paysages très contrastés, où l’écart entre les hautes lumières et les ombres est très prononcé, les couchers ou les levers de soleil en sont un bon exemple.
Si vous prenez une seule photo, les détails seront perdus dans les ombres, et les hautes lumières brûlées, laissant une image à l’aspect visuellement décevant. Pour vraiment réussir ce cliché, vous devrez prendre de trois à cinq photos, parfois davantage, à différentes expositions (-2, -1, 0, +1, +2 IL) pour éventuellement fusionner trois images afin d’obtenir la plage dynamique complète de la scène.
Valeurs dynamiques variées
Pour vous donner une idée d’une valeur dynamique, voici quelques chiffres :
- Une scène extrême représente : 40 diaph
- Vision humaine adaptée à l’obscurité : 27 diaph
- Vision humaine ponctuelle :14 diaph
- Appareil photo numérique reflex : 9 diaph
- Papier photographique : 6 diaph
Faites le test suivant : observez un panorama contrasté, placez-vous devant un bâtiment où un soleil éclatant illumine l’arrière-plan, vous remarquerez que votre vision peut distinguer autant les détails dans les ombres que dans les parties beaucoup plus claires. Votre œil perçoit jusqu’à 27 diaph, c’est pour cette raison qu’un coucher de soleil vous apparaît si merveilleux à l’œil nu, mais une fois sur le capteur (qui ne capte que 9 diaph), c’est une autre histoire! Le ciel est coloré, mais le sol est totalement dans l’ombre.
Vérifiez votre histogramme : Il n’est pas toujours nécessaire de réaliser une photo HDR, si votre histogramme vous indique que la scène contient toutes les informations adéquates (un histogramme relativement centré), vous obtiendrez une exposition en une seule photo.
Comment réaliser une photo HDR?
Le processus pour réaliser une photo HDR se résume en trois étapes :
1. La prise de vue
Vous préparez la scène de la même manière que si vous preniez une photo normale, votre appareil est installé sur un trépied, à la différence qu’ici nous allons prendre plusieurs images, bracketées à diverses expositions afin de les fusionner plus tard dans un logiciel de traitement HDR.
2. Le traitement HDR
Pour fusionner notre série d’images, nous allons utiliser un logiciel spécialisé en traitement de photo HDR. Il en existe plusieurs, en voici quelques-uns :
-> Oleneo | Photomatix Pro | HDR Efex Pro <-
Vous pouvez vous servir également de Photoshop et de Lightroom, mais pour l’article d’aujourd’hui, je ferai la démonstration avec Photomatix Pro, c’est le logiciel que j’utilise couramment pour le traitement de photo HDR.
3. Finition dans Photoshop ou Lightroom
Une fois votre photo fusionnée, vous apportez quelques touches finales pour compléter le processus. Utilisez le logiciel dont vous disposez dans votre ordinateur.
Étape 1 / Prise de vue
Servez-vous d’un trépied
Indispensable afin d’assurer une stabilité lors de la prise de vue. Désengagez le mode de réduction de vibration et levez le miroir (lors d’exposition de + 2 sec.). Si vous êtes à main levée, favorisez une bonne luminosité, sinon votre vitesse sera trop lente et vous risquez un flou de bougé.
Format de fichier
Raw ou JPEG. Si vous êtes en Raw ne modifiez pas vos fichiers en post-traitement, ils seront pris en charge par le logiciel. À la fin du processus, vous pourrez apporter les dernières retouches.
Mode d’exposition
Manuel (M), ou semi-automatique (A ou Av) avec priorité à l’ouverture, en mode autobracketing si votre appareil détient cette fonction.
Réglez votre ouverture
Choisissez le diaphragme nécessaire pour la scène à photographier et n’y touchez plus.
Ajustez votre vitesse
En mode manuel, fiez-vous au posemètre de votre boîtier, si vous êtes en semi-automatique, l’appareil se chargera de la vitesse.
Balance des blancs
Manuelle selon la lumière ambiante. Pour ma part, lors de coucher de soleil, j’ai remarqué qu’une balance des blancs ajustée sur « ombre » offre de meilleurs résultats, les couleurs étant plus chaudes.
Mise au point
Une fois effectuée, désengagez la mise au point automatique, pour éviter qu’elle ne bouge entre deux clichés.
ISO
Conservez les ISO le plus bas possible (50 ou 100 ISO) pour éviter le bruit et les artefacts souvent générés lors de traitement HDR. Ceci est causé par les photos sous-exposées (de -4 à -2 IL) que nous traitons afin d’en tirer une image fournissant le plus de détails possible.
Bracketing d’exposition
Pour produire la photo HDR, prenez de 5 à 7 photos, avec un intervalle de 1 diaph entre chaque exposition (-2, -1, 0, +1, +2 IL). Pour des scènes extrêmes, vous aurez besoin de pousser davantage votre bracketing (-4, -3, -2, 0, +1, +2, +3, +4 IL).
Attention : N’ayez pas peur d’exagérer vos expositions, même si les photos semblent trop surexposées, ou sous-exposées – n’oubliez pas, vous avez besoin de ramener le plus d’informations possibles à la maison. Rien de plus frustrant que de constater que vous n’avez pas pris suffisamment de photos. 😉
Note : Lors du post-traitement, vous choisirez trois photos à fusionner, avec un écart de 2 diaph entre elles.
Dans le prochain tutoriel, vous apprendrez étape par étape comment traiter l’image finale.
Si vous avez des questions, n’hésitez pas à demander. 😉